Faut-il que la rage nous ait pris, sommes nous rats en cage, grands singes hors des bois brûlés par nos soins, pelés, rôtis nus enfin que sommes nous devenus nous qui courons nus, qui avons-nous mordu, nos frères? nos chiens? Nos dents auraient dû nous le dire, nous dont le sourire appelle le fruit, ce n'était pas pour nous la viande, la chair, la boucherie. Pourquoi vouloir la peau du tigre, qui singeons nous ainsi, quelle imposture, quel appétit? Acharnés contre ce qui vit, nous nous répandons, cendres de nous-mêmes, plus bestiaux que les bêtes, plus bêtes, sous le soleil vainqueur nos corps boucanés ne feront même pas pitié.
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