Bien sûr il fait jour un peu plus tôt, il ne pleut pas ce matin, les perce-neige bravent le gel, pas un bruit, les chats dorment ou chassent, je ne sais pas. Ici, on pourrait se croire à l'abri, on y vit un peu pour ça, cette illusion du nid, le besoin du repli, quand le monde bave de haine, que les mots s'encarnavalent, ce qu'on se dit, l'endroit paisible que la rage n'atteint pas. On se trompe sans doute, d'une lâcheté de vieillard. Certes, on frémit du sort des victimes, on s'effare des lois effacées, on sait qu'elle est fatale, la pente où glisse la ricanante humanité, mais le matin, on traine de la jambe et l'on reste au jardin, à tort, car ils viendront jusqu'ici, en meutes, les loups du chaos, de la basse police qui feront pleuvoir malheur et injustice jusqu'au cœur du hameau: dans ce monde-ci, plus d'asile, loin s'en faut.
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