Tal Coat, Ponctué,1972

Tal Coat, Ponctué,1972
Tal Coat, Ponctué, 1972

lundi 26 juin 2017

Le goût des framboises

Il a fini par faire moins chaud, mais rien de plus éloigné du débarquement que ces jours de plomb où chacun sua par la campagne et jusque sur la côte, on ne sait pas faire avec ça sous nos climats, nos climats ne s'en remettent pas de ces chaleurs-là; Rouen on dirait Bordeaux, tu n'y croirais pas si tu étais là mais tu n'es là qu'en moi, et c'est déjà trop pour les autres, je le sais, je ne pardonne pas. Le chien roux, fou qui court sur la pelouse et m'accueille chez Patrick, tu ne le connais pas mais il te ferait rire puis te fatiguerait de son épuisant enthousiasme, mais il aime le monde entier et n'obéit qu'à sa joie. Lorsque je suis entré, il a couru près de la voiture, a gambadé autour de moi, m'a un peu léché mais pas trop, il avait chaud encore, il se ménageait. Nous avons diné dehors sous le cerisier il faisait tiède, c'était bon mais étonnant pour un juin normand. En guise de dessert, nous avons cueilli des framboises à même les framboisiers, Patrick en a beaucoup, ils ont bien poussé, ils croulent de fruits. Les fruits sont assez petits mais sucrés, la sécheresse sans doute, je ne sais, j'ai pensé à nous, à Honfleur, on aimait faire les étourneaux et s'abattre sur les fruits rouges, à la volée. Les framboises sitôt cueillies sitôt mangées, les bouts des doigts tachés de rouge j'ai pensé à toi, je les ai mangées pour toi, et j'ai regretté ton absence, et je t'ai dédié la douceur des framboises jaunes dont enfants nous ignorions tout.

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