Tal Coat, Ponctué,1972

Tal Coat, Ponctué,1972
Tal Coat, Ponctué, 1972

dimanche 26 janvier 2014

Sous les ex-voto

Grave ton nom dans le plâtre de l'église, confie à la vierge blanche et bleue ton espoir d'obtenir le permis de conduire. Au crayon à papier, écris avec des fautes le journal de ta foi, de ta misère. Tu voudrais rentrer à Evreux, car il n'y a rien ici, rien que l'église où tu pries pour partir. Partir d'ici.
Et comme la vierge est sourde, que tu ne peux rien faire, que tu n'as pas le permis, tu restes, tu reviens de pas loin, tu t'assois sous les étoiles peintes, et, au fond du banc clos tu écris des prières au crayon à papier, sous les ex-voto.

vendredi 10 janvier 2014

Pourvu que les jours rallongent

Passer l'eau parfois c'est trop, trop loin, la forêt trop profonde et la nuit tombe trop tôt. Et les bêtes franchissent la route, sans se conformer à l'heure d'hiver, ni regarder avant de traverser. Les blaireaux vont tout droit et ne s'interrompent que sous le pare-choc, les blaireaux sont cons qui nous découragent de leur rectitude, trop de blaireaux morts le long de mes routes.
Parfois le désir manque, et l'autre côté on veut le voir au jour, et qu'il fasse beau, que les arbres en fleurs nous promettent quelque mensonge rose et blanc, qu'importe pourvu que les jours rallongent et avec eux notre sursis d'autant.
Pour ce qui est de passer le pont, l'hiver c'est temps de trève, de sang sur la neige, de paille, d'urine et de sommeil profond. L'épreuve, c'est pour le printemps, la stupeur érigée des mâles. Pour l'heure, nous avons tué le désir, nous en sommes restés, comme des blaireaux, cons.

samedi 4 janvier 2014

Nos hivers nous échappent

Histoire, finie l'histoire. La lumière en allée vers l'autre hémisphère, nos hivers nous échappent, et le froid dont nous tremblons, c'est de nous-mêmes qu'il exsude. La haine hurlée à la face de nos autres, c'est nous autres que nous gifflons, et il faut croire que nous jouissons et du coup et de la blessure.