Tal Coat, Ponctué,1972

Tal Coat, Ponctué,1972
Tal Coat, Ponctué, 1972

lundi 7 février 2011

Villennes

La maison il n’en voulait pas, c’était quitter l’enfance, le chemin de la Comtesse, l’odeur javel de la piscine municipale. Une maison de cadre, un terrain sur la colline. Du velux on pouvait voir la Seine, l’hiver. On avait gardé deux pruniers de l’ancien verger. La mère ferait des confitures de quetsches… Il y aurait une chambre au rez-de-chaussée pour les grands-parents qui ne réveilleraient plus personne pour aller pisser la nuit… Ce serait du béton vibré, la dernière technologie, la meilleure isolation. Dans le garage de quoi garer facilement deux voitures, installer un grand congélateur. Le garage sera inondé à chaque pluie d’orage.
On lui donne la chambre la plus petite, puisqu’il ne vivra pas ici. Il trouve cela normal, la juste proportion. N’importe, puisqu’il ne vivra pas ici, qu’il aura sa chambre en ville, la paix, les verrières orange de la Défense le soir. Il prendra plaisir à la cheminée les week-ends, mais sans s’intéresser au récupérateur de chaleur. La moquette des chambres est de laine bouclée. Le papier peint de sa chambre imite le liège. Il faut acheter des fixations spéciales pour afficher le moindre poster. Upper middle class, mettons. Dans la salle de séjour trône l’armoire de marqueterie, le lustre de bronze qui se décrochant, manquera d’assommer la grand’mère. Le père attend sa mort pour quitter la femme et la maison de béton vibré, bander pour d’autres fillettes, sous d’autres complaisances.

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